En quoi le lancement d’une culture de légume oublié relance des dynamiques inter sociales et intergénérationnelles sur un village.
Faire tomber les barrières entre gens d’ici et gens d’ailleurs grâce au retour à la terre, une utopie ?
Comment sauvegarder, faire connaître, valoriser la mémoire d’un petit village aujourd’hui, quand les gens d’ici n’y vivent plus et que les gens d’ailleurs cherchent à prendre racine ? Comment continuer l’histoire
Une jeune association du village (« les bulbilles ») relance la culture de l’oignon de Bédouès, connu alors jusqu’à la foire de Mende au début du siècle pour sa typicité. Les oignons étaient alors tressés rue de la Cèbe à Bédouès et transportés jusqu’à la préfecture.
Derrière un projet simple d’agriculture partagée dans le respect de l’environnement, l’association s’appuie sur des travaux saisonniers comme un prétexte à la rencontre intergénérationnelle et inter milieux sociaux. Une première parcelle communale est louée et fédère des habitants d’horizons divers. En se lançant dans la plantation, des idées germent, de nouveaux projets voient le jour. Des moments festifs se multiplient, quelques ponts se créent entre néo néo, néo, gens d’ici qui ne vivent plus là et gens de la bas qui vivent ici.

Dans un premier temps, on ne savait rien de cet oignon, et des bulbilles du commerce sont plantées. Même Pierrot, l’ancien du village, dit que ça fait bien longtemps qu’il n’existe plus, cet oignon. Mais en s’appuyant sur le travail de Maryse Romieu qui en sait long sur son village d’origine, peut-être retrouvera-t-on une variété qui s’en approche ? Paru aux presses du Languedoc en 1999, « Bédouès un village lozérien » dépeint la commune et ses habitants dans le passé, et parle notamment avec force de détails la culture des oignons de Bédouès. Et pourquoi pas trouver une variété qui se plaît dans les conditions actuelles, adapté au nouveau Bédouès et à ses nouveaux habitants ?

Depuis 2016 la commune de Bédouès a fusionné avec Cocurès et les hameaux pour créer la commune de Bédouès-Cocurès. L’association « les bulbilles » tient beaucoup à inclure donc les habitants de l’autre rive du Tarn, Cocurès dans ce nouveau projet.
A la fois participante et enquêtrice du projet, observer les dynamiques crées par l’association et leur impact sur le territoire.
Retracer l’histoire d’une culture (l’oignon) et voir comment elle peut être réinvestie par des nouveaux habitants pour s’approprier un nouveau lieu de vie.

